Confinement au clair de lune

31 Oct 2020 | 0 commentaires

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Hier au soir, j’étais pétrie d’inquiétudes et de morosité, à la fois face à cette deuxième vague qui survient à l’échelle nationale, mais aussi face à cette lame de fond qui s’abat sur les indépendants, les petites structures dont l’observatoire fait partie, et dont l’issue semble incertaine.

Alors, j’ai pris l’heure de sortie qui m’était impartie, et je suis partie marcher dans l’automne comme le disait A. quand il avait 4 ans.

J’ai marché dans l’automne qui habillait ses sentiers de feuilles mortes, l’odeur du feu de bois se répandait alentour tandis que je m’enfonçais dans l’obscurité. Une obscurité qui absorbait mes peines et mon ras-le-bol. Le froid me piquait les joues et c’était quelque chose de bon de se sentir ainsi extraire de ses pensées. La queue de la Grande Ourse se laissait surprendre au-dessus des arbres et indiquait le chemin, tandis qu’Arcturus brillait au commencement de l’horizon. Un silence à peine troublé par quelques grillons qui s’étaient trompés de saison.

Je marchais encore sous la frondaison des arbres lorsque je vis un énorme caillou qui me fit aussitôt penser à un œuf de dragon. Il était évident que Tolkien et Rowling me tenaient un peu trop compagnie ces jours-ci. Je le contournais prudemment, sait-on jamais, et je poursuivis ma route.

Je pensais à Halloween qui venait à nous, avec la mort qui parait si vivante ce jour-là. Et des sujets en lien avec l’Astronomie que cela m’avait inspiré, et que je comptais publier sur le site avant qu’un petit sorcier avec une drôle de cicatrice en forme d’éclair sur le front ne m’en détourne. A présent, la Grande Ourse se dessinait parfaitement dans le ciel et je voyais danser les ours de tous les folklores du monde. Je repassais au rythme de mes pas chaque petit projet que je gardais précieusement dans l’attente de pouvoir les partager sur le blog et lors des soirées. L’Astronomie est assurément une discipline passionnante et c’est une étoile double à la lumière des sciences humaines.

J’en étais là de ma réflexion quand je fis mon entrée dans la vallée. La Lune pleine et brillante inondait des draperies de vignes, des étoffes de forêts, la route sinueuse comme un lacet et le Bessillon qui trônait dans cet écrin feutré.

Je n’avais plus besoin de lumière, je n’avais plus besoin de masque. Je n’avais besoin que de mes jambes pour avancer, que de mes yeux pour voir et de ma capacité à m’émerveiller.

Alors, j’ai senti que l’issue se faisait plus certaine et mon pas plus sûr. J’ai senti qu’il ne faudrait pas céder aux difficultés, et que cet observatoire un peu atypique que j’avais appelé de mes vœux, et fondé avec conviction, ne devait pas disparaitre.

Je regardais encore le ciel, et s’éloignant du zénith, de nuits en nuits, le triangle d’été. Sa harpe, son Cygne et son Aigle.

« Bonne chance ! crièrent-ils, où que vous alliez, jusqu’à  ce que vos aires vous reçoivent à la fin du voyage ! »

C’est la formule de politesse en usage chez les aigles.

« Que le vent sous vos ailes vous porte où le Soleil fait route et où la Lune chemine ! »

répondit Gandalf, qui connaissait la réponse convenable.

Extrait de Bilbo le Hobbit, J. R R. Tolkien

Ps : Nous vous souhaitons un deuxième confinement plus serein que le premier; prenez soin de vous et de vos proches.

Ps bis : Pour illustrer cet article, et afin de vous apporter une dose d’ocytocine, l’hormone de la joie et du bonheur, voici Véga, le vieux chat de l’Observatoire, qui vit le confinement très paisiblement.

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