Astronomie à l’école de Correns

31 Jan 2019 | 0 commentaires

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“Vous avez cinq ans, ou peut-être sept, disons pour cette fois-ci six, vous avez six ans.”

Vous commencez à lire quelques phrases, quelques textes et surtout les bouteilles de lait, les panneaux dans la rue et tout ce qui vous tombe sous l’œil. Vous écrivez des mots, de petites phrases et des lettres de super ninjas en danger phonétiquement justes. Vous dessinez dans le creux de vos mains des formes bizarres qui vous confèrent de super-pouvoirs. Vous vous imaginez au cœur d’un jeu vidéo dont il faut s’échapper, ou d’un monde peuplé de créatures fantastiques, entouré de copains, de copines ou solitaire. Votre imagination féconde, votre regard sur le monde et vos questions surtout (et sur tout!)…

Pourquoi le soleil brille ? Et les étoiles ? Toutes les étoiles sont-elles jaunes ? Une planète, c’est une étoile ? Et comment font-elles les étoiles pour rester accrochées dans le ciel ? Pourquoi il y a des cratères ? C’est quoi un astéroïde ? La lune, c’est une planète ? Comment il s’est fait l’univers ? Et le système solaire ? C’est quoi un système solaire ? 

Tout par de là !

Du questionnement et de l’expérimentation qui va en découler. Les objectifs, c’est à dire répondre à ces questions, sont importants oui, mais l’accent est d’abord mis sur le processus, le chemin parcouru pour y arriver, et qui appartient à chacun.

Cela nécessite de travailler différemment, non de manière dirigée, mais en faisant la place à l’auto-responsabilisation, l’autonomie, la coopération.

Les expérimentations sont proposées sous formes d’atelier en extérieur et en intérieur. Les observations se font à partir de lunettes Astronomiques facile à manipuler et à déplacer seul, complétées par un télescope de type Dobson intuitif et didactique lors de son utilisation. Les jumelles, qui peuvent paraître un élément intéressant avec des enfants de cet age, ne le sont pas en réalité. La coordination œil/main qu’elles nécessitent pour les réglages, le poids selon le modèle, et l’impossibilité de vérifier ce qui est visé par l’enfant, ne nous a pas convaincu.

Ceci et le souhait de pouvoir permettre aux enfant de se sentir capables, compétents sur des instruments plus ambitieux.

“Vous vous souvenez, vous avez six ans, vous êtes un aventurier, une aventurière de l’espace avec un télescope !”

Plusieurs ateliers simultanés :

  • Un atelier dédié à l’observation du Soleil à l’aide d’un Solarscope
  • Un autre consacré à la prise en main des instruments
  • Un atelier d’initiation à la Spectroscopie.

 

L’observation du Soleil est un atelier qui permet de confronter sa propre représentation du Soleil avec celle observée de façon scientifique par l’intermédiaire du Solarscope.

L’atelier d’initiation à la Spectroscopie permet une introduction à l’étude des spectres lumineux émis par des sources telles que les étoiles et les planètes par exemple, mais ici rattachée à des objets courants (ampoules, lampadaires…).

Un peu comme les empreintes digitales propres à chacun, et qui permettent de définir l’identité de chaque individu.

Vous comprendrez donc pourquoi il est nécessaire de saisir que chaque source lumineuse à de par ses composants, sa propre identité, et que c’est en cela que les étoiles comme les planètes par exemple différent entre elles.

Ce sont bien là des notions d’Astrophysique, mais vous avez six ans, et tout vous semble possible.

Cette première séquence d’ateliers est suivie par une soirée d’observation. Celle-ci ne clôt pas le projet, mais doit lui donner du relief. Cette soirée doit permettre une entrée dans l’oralité au travers des contes et des mythes liés au ciel, ceci pour aborder que de tout temps, l’homme, à son échelle, a cherché à donner du sens à ce qu’il observait.

L’oralité se conjugue à l’observation à l’œil nu et aux instruments, afin de mettre en application ce qui a été expérimenté durant les premiers ateliers.

“Vous avez six ans, et vous découvrez pour la première fois le fin dessin des cratères de la Lune ou les couleurs chatoyantes d’étoiles remarquables. Vous avez six ans, et vous êtes assurément comme un découvreur devant un monde nouveau.”

Seconde séquence d’ateliers, nous restons dans l’oralité avec le récit scientifique de la création du système solaire; récit intéractif et participatif accompagné d’ateliers autonomes.

Les enfants expérimentent sans que leur soit fourni d’explications autres que les consignes de sécurité. L’objectif est que les enfants créent du lien entre les informations et l’expérience. Nous proposons une mise en commun de nos réflexions respectives seulement après, afin que le processus d’apprentissage ne soit ni saturé, ni dirigé. Nous terminons cette séquence par un récit plus court, celui de l’évolution de l’univers.

Nous avons fait le choix d’inverser chronologiquement les récits,  ainsi nous commençons par la création du système solaire qui permet d’appréhender certains éléments comme la matière, la contraction, l’effondrement… qui seraient moins bien figurés, intégrés si nous parlions d’abord de l’évolution de l’univers.

“Vous avez six ans et vous comprenez qu’une planète aurait pu être une étoile et pourquoi il y a une distinction entre une comète, une étoile filante et une météorite, alors que ce sont tous de gros cailloux venus des confins du système solaire.”

Nous terminons par une séance durant laquelle les enfants produisent un “bilan”: panneaux, dessins, un peu d’écrit phonétiquement juste si vous vous souvenez, et durant lequel nous proposons une expérience sensorielle.

“Vous avez six ans, et vous venez de tenir dans la paume de votre main un caillou venu de l’espace, il y a de cela 6800 ans.”

Nous sommes en 2019 et dans notre Observatoire Itinérant qu’est Stellarius, nous n’oublions pas que nous avons eu cinq  ans, ou peut-être sept, disons que pour cette fois-ci six ans…

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